Retour d’expérience – Job n°8 : la taille hivernale

22/09/2025

Je vous préviens, ce blog est un peu long, alors j’espère que vous avez du temps devant vous, car nous avons trois mois à vous raconter.
Vous allez sûrement vous dire que ce job ressemble beaucoup au précédent, le n°7… mais en réalité, pas vraiment ! Seul l’intitulé est proche, car dans la pratique, c’était une toute autre expérience. Bien sûr, l’objectif final reste le même :
• Préparer la production de l’année suivante
• Améliorer la qualité et la quantité des fruits
• Aérer et structurer les plantes

*Un cadre complètement différent
Avant de parler du travail, parlons du lieu. Cette fois, nous nous sommes installés à Te Puke, la capitale mondiale du kiwi. Ils en sont très fiers et le signalent un peu partout dans la ville. Ici, il y a des vergers à perte de vue, c’est impressionnant. Nous étions idéalement situés : à 5 minutes du centre-ville, 10 minutes de la plage et 20 minutes de Tauranga, une ville que nous adorons.

Nous avons trouvé ce job grâce à un couple rencontré plusieurs mois auparavant, avec qui nous avions fêté le Nouvel An. Ils nous avaient donné le contact du patron du verger, et nous avions sécurisé nos places… cinq mois à l’avance ! En hiver, il y a peu de postes disponibles et ils partent très vite. Le patron, Jeff, ne recrute que par recommandations, pas par annonces publiques. Souvent, il garde les mêmes personnes d’une saison à l’autre. Nous avons eu beaucoup de chance.

Nous avons donc intégré une petite équipe de huit backpackers, tous ayant déjà fait la saison de récolte pour Jeff. Nous étions répartis dans deux maisons :
• Une maison très moderne et récente, pas loin du lieu de travail mais sans réseau ni internet, avec un couple tchèque et un couple croate-polonais.
• Notre maison, assez ancienne, dans son jus, directement dans le verger : pas de réseau mais du wifi, avec un autre couple tchèque, un couple de Français et nous.
Rien à voir avec le camp boueux et la douche froide de l’expérience précédente ! Cette fois : chambre individuelle, salle de bain, cuisine équipée, chauffage… le grand luxe pour passer l’hiver. Pendant le premier mois, nous avions notre chambre, mais nous avons dû la céder à un employé permanent. Retour dans notre van donc, mais Jeff nous a installé un branchement électrique et prêté un chauffage. Royal ! Puis, après un mois dans le van, le couple de Français est parti, ce qui nous a permis de récupérer leur chambre. Au final, en trois mois, nous avons dormi dans trois endroits différents (chambre 1, van, chambre 2)
En plus des backpackers, il y avait sept employés permanents qui travaillent toute l’année pour Jeff. Nous les voyions surtout aux pauses, sauf un qui vivait dans notre maison (enfin, surtout dans sa chambre). On était vraiment heureux d’avoir ce confort : chaleur le soir, un vrai salon, machine à laver et sèche-linge, et une cuisine avec un four ! Autant vous dire qu’on s’est fait plaisir : pain maison, pizzas, gâteaux, quiches, poissons, gratins… Marcel est génial, mais avoir un lieu confortable, surtout avec les courtes journées d’hiver et les jours pluvieux, c’est vraiment agréable.

*Le travail
Nous espérions un job un peu différent. Et bonne surprise : ici, pas de travail au rendement, mais payé à l’heure (et plutôt bien). Résultat : aucune pression, pas de compétition entre nous. L’ambiance était beaucoup plus détendue et le travail plus qualitatif.

Tous les matins, nous allions à pied jusqu’au hangar pour récupérer notre équipement : un van et un quad pour circuler dans les vergers. Notre superviseur, Tim, nous indiquait les parcelles à travailler, et c’était parti.

Autre grande différence : dans le précédent job, il n’y avait que trois étapes par baie (taille, clip, vérification). Ici, il y en a six :
1. Les permanents “pré-coupent” les branches
2. Nous (les backpackers) coupons et retirons ces branches – pas besoin de réfléchir aux 1ère, 2ème et 3ème générations, etc.
3. Les permanents repassent pour alléger si nécessaire
4. Une équipe de quatre backpackers “pré-clips” : enlève les anciens clips et prépare les branches
5. L’équipe de six backpackers (dont nous) “clippe” : redresse, espace, coupe les petits bouts
6. Tim passe de temps en temps en quad pour vérifier
Nous travaillions en autonomie, sans superviseur derrière nous, avec une grande confiance dans l’équipe. Les pauses étaient fixes (10h, 12h30, 15h) dans un espace couvert, avec tables, chaises, kitchenette (micro-ondes, bouilloire, frigo) et toilettes. C’était la première fois que nous avions un vrai lieu de pause dans un verger, c’est agréable.
Pendant deux mois, nous avons travaillé dans les vergers de kiwis gold. Un vrai plaisir ! Jessy était une fusée à la coupe et moi au clip. Ensuite, nous sommes passés aux kiwis verts : même principe, mais beaucoup plus de branches, un travail plus fouillis, moins satisfaisant visuellement. Les branches sont plus difficiles à gérer et demandent plus de force dans les bras. Nous avons même fait une petite parenthèse dans les kiwis rouges, un travail beaucoup plus délicat, surtout réservé aux permanents. D’ailleurs, je ne sais pas si un jour on pourra en avoir en France, mais si vous avez l’occasion d’y goûter, foncez : ils sont délicieux ! Il n’est pas exporté car il existe depuis les années 2000 ici, la production est très limitée et le fruit est très délicat.
Honnêtement, nous ne nous attendions pas à ce que le travail diffère autant du précédent. Et heureusement ! Nous n’aurions pas tenu tout un hiver dans les conditions de l’ancien job, sauf si nous n’avions pas eu d’autre option en vue. Ici, on adorait le boulot, même si c’est un travail extérieur et physique.
Les horaires auraient pu être stables : 40h par semaine, 8h par jour, week-end off… en théorie. En réalité, les journées de pluie étaient rattrapées le samedi ou le dimanche, et nous avons rapidement augmenté nos horaires avec 9h par jour + samedi matin, soit 45-48h par semaine. Nous étions seulement six à faire ces extras, les autres préféraient rester au minimum.

De temps en temps, à la pause de 15h, Sherley, la femme de Jeff, nous apportait des plateaux remplis de petites gourmandises. Une attention super sympa ! Ici, on avait toujours faim : on se préparait nos encas pour les pauses – amandes, fruits, gâteaux… travailler dehors, ça creuse !

À la fin du travail des kiwis gold, Jeff nous a tous invités au restaurant pour nous remercier et passer un moment convivial tous ensemble.
Et pour finir en beauté, le dernier jour, on a organisé un grand apéro au hangar : Jeff avait rapporté des bières, du cidre, du soft et de quoi grignoter (préparé par sa femme). C’était le parfait moyen de clôturer ces quelques mois de travail.

*Le quotidien autour du travail
En dehors du verger, nous avons profité de la région, même si nous la connaissions déjà pas mal.

Un moment fort : un match de rugby mythique, All Blacks vs France ! Nous avions réservé les places dès leur mise en vente, et direction Hamilton le jour J. À peine sortis du van, nous avons croisé des Français qui nous ont entraînés dans un pub rempli… de Français. Ambiance incroyable. Et surprise : Jessy y a retrouvé une ancienne voisine de son mobilhome de vacances ! Le monde est petit.
Le match était génial malgré la défaite de la France. Une super ambiance avec le fameux haka, beaucoup de supporters de tous âges, et surtout un beau souvenir.

Le reste du temps, nous profitions des jours de congé pour nous reposer – surtout reposer nos bras, cuisiner, aller à la plage pour voir autre chose que nos champs tout verts et passer quelques soirées avec les colocs. Nous avons organisé une soirée pizza maison avec de super pâtes à pizza maison, chacun faisant découvrir sa création aux autres, avec un Hawaïen pour les Tchèques… c’était quand même bon ! Ensuite, il y a eu pas mal d’anniversaires, une bonne occasion pour réunir les deux maisons. Ensuite, nous avions souvent une seule soirée de repos, car nous faisions des heures supplémentaires, donc c’était surtout soirée chill en général.

Commentaire


TITI

Et ben dis donc quel travail. Vous méritez du repos après ce travail quand même fatiguant
Mais c est vrai que vous avez fait de belles rencontres de bons souvenirs de tout cela
Et des expériences dans le KIWI :))).
Et maintenant c est quoi la suite ?
Gros bisous à tous les deux

Le Bruscain

Moi j’en connais un qui va être obligé de chercher un nouveau client pour l’année prochaine, c’est notre jardinier!
Notre figuier et notre néflier vous attendent pour une coupe automnale!
Bravo encore pour ces jobs pas faciles. Camille tu te mesureras en rentrant, tu fais certainement 1 cm de plus en étant tout le temps a étirer les bras en haut, je suis sérieux!
Le beau temps ne va pas tarder pour vous, quelques jours de vacances vont être les bienvenues avant de reprendre le job 9
Bisous

pap's

En tout cas ça fait plaisir de lire qu'il y a encore des "patrons" d'entreprise, peu importe la taille ou le secteur d'activité, qui ont compris que la richesse de l'entreprise c'est les femmes et hommes qui y travaillent. Que laisser de l'autonomie, faire confiance, former, conseiller et assurer un cadre et un confort de vie permet de garantir l'excellence du travail à réaliser.
Jeff (et sa femme) fait parti de ceux là et bravo à lui, vous avez eux la chance de le croiser et lui aussi de vous croiser. c'est très cool.
Surement que vos taches difficiles étaient légèrement atténuées grace à cet esprit Là.
encore des bisous

Pierre

Un plaisir de vous retrouver et partager de loin ces tranches de vie. J'ai pu rattraper mon retard sur votre blog entre-temps et la diversité de vos découvertes et expériences est incroyable !!! Et après tous ces travaux vous ne voudrez plus jamais lever les bras en l'air -) Quelle est la prochaine étape ?
PS/ J'espère que vous rapporterez des kiwis rouges pour y goûter.

Mamy

Quel courage vous avez pour enchaîner vos missions avec parfois des journées si longues ! Vivement les vacances .Toujours un grand plaisir de lire votre blog si détaillé sans oublier vos photos bien entendu
Bisous

Marysou

Et bien quel travail vous êtes courageux car ça devait tirer sur les bras bravo le pain maison top en attendant la suite gros bisous
Mam

Jy lamy et clo

Comme ça fait plaisir d'avoir des nouvelles on a mis du temps à vous lire.
Nous avons mal au bras rien que de regarder le travail que vous fournissez.
Bravo à vous Berck un rat mort ça pue bravo Jessy pour le nettoyage.
Avez-vous encore envie de manger des kiwis ??
Gros bisous à vous bonne continuation et merci pour ce reportage et ses excellentes photos